Vie de maman

Mes deux petites étoiles là-haut

En ce 15 octobre, journée mondiale de sensibilisation au deuil périnatal, j’ai eu envie de vous partager mon histoire.

J’ai eu la grossesse parfaite en 2006 alors que j’avais seulement 22 ans. J’ai mis au monde un beau petit bébé en santé, Logan en juillet 2007 quelques jours avant mes 23 ans. On était comblé de bonheur par chaque petit moment qu’il nous offrait de vivre. L’envie d’avoir deux enfants est arrivée quand Logan a eu 11 mois. J’ai donc arrêté de prendre la pilule que je prenais pendant mon allaitement. J’ai allaité jusqu’à son 14e mois (matin et soir seulement). Jusque là, je ne tombais pas enceinte. Je me doutais que l’allaitement était peut-être relié… j’avais lu sur internet.

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J’étais sur un groupe de mamans sur le site Maman pour la vie. On formait des groupes de futures mamans et aussi de mamans qui essayaient de tomber enceintes. On partageait nos hauts et nos bas et on célébrait l’annonce de la grossesse des autres. Ce fut mon tour en octobre 2008 d’avoir un test de grossesse positif. La joie ! Nous allions être parents pour une deuxième fois et Logan allait avoir un petit frère ou une petite soeur. Tout  était parfait ! Ma date prévue d’accouchement (DPA) était le 26 juin 2009. Quelques jours avant la date de fête de Logan (7 juillet). Un autre beau bébé d’été, j’étais vraiment sur mon nuage.

Dans mon groupe de futures mamans de Juin 2009, malheureusement certaines devaient quitter car elles annonçaient leur fausse-couche. La panique m’a prise après 3-4 annonces. Ça me bouleversait de sentir la déception de ces futures mamans. Ça m’atteignait vraiment. J’essayais de ne pas avoir de craintes, on n’aime pas l’énergie négative n’est-ce pas ?

C’est le 7 novembre 2008 que j’ai dû me mettre à l’évidence après de grosses douleurs et quelques traces de sang… je faisais une fausse-couche. Nous sommes allés confirmer le tout à l’urgence… je n’étais pas une priorité je vous le confirme. J’étais tellement inquiète. J’y repense et je me trouve toute petite pour vivre tant d’émotions en peu de temps. Du haut de mes 24 ans, j’étais maman et je vivais la peur de perdre le bébé qui grandissait en moi depuis quelques semaines (8 semaines). Les gens autour disent un peu n’importe quoi : « C’est normal, tu n’as pas beaucoup de semaines de fait… c’est peut-être mieux comme ça le bébé aurait été handicapé… Refait l’amour le mois prochain ça colle plus vite… Moi aussi j’en ai fait même 2-3 en lignes… (pas encourageant quand tu viens tout juste de vivre une fausse-couche).

Après quelques jours d’arrêt de travail, j’annonce la nouvelle aux gens et ça me fend le coeur à chaque fois. C’est comme un échec. Je n’arrive pas à mettre de mots sur le sentiment. La crainte, le doute, la peur, la déception, les émotions se bousculent. Mon conjoint est très compréhensif. Il m’écoutait et me consolait. Je voulais absolument avoir un deuxième enfant. À ce moment-là, pour moi, c’était clair il fallait essayer que je retombe enceinte  dans les semaines à venir.

Puis, le 11 janvier 2009, j’avais un beau positif sur mon test de grossesse. Celles qui ont vécu comme moi une fausse-couche, on ne ressent pas la même émotion. On est septique. On est stressé. On ne sait pas si on doit sauter de joie ou aller pleurer en boule de peur de repasser par là. On décide de ne pas le dire avant l’échographie pour le coeur qui m’a été cédulée à 8 semaines et quelques jours. Pas question que je sois obligée de revivre l’annonce à tout le monde du bureau ou de ma famille.

Le jour de l’échographie, je suis nerveuse ça se dit même pas. Mon conjoint est positif, une chance ! La bonne nouvelle arrive on voit le coeur. Je suis tellllllement soulagée. À la maison, le doute me reprend. Il ne me lâche pas et je vous le dis c’est pas facile à vivre surtout avec les hormones de grossesse. Mon fils Logan est souvent malade, il pogne tout ce qu’il peut à la garderie. Je suis stressée pour lui, stressée pour ma grossesse… ayoye !

On décide de prendre du temps ensemble dans notre camp dans le bois près de chez nous le 14 février, la saint-valentin ! Mon amoureux me prépare une belle soirée, on allume le poêle à bois, on est super bien. Vers 21h00, j’ai mal au ventre. J’essaye de pas trop en parler, je ne veux pas gâcher la soirée et entre vous et moi, mon conjoint n’aime pas que je sois négative et pessimiste concernant la grossesse. vers 23h00 on se couche et là, malheureusement je sens des saignements. On passe la nuit au camp quand même. Le matin, je suis plus qu’inquiète. J’ai mal dormi et j’ai encore des douleurs au ventre. J’ai quand même vu le coeur battre. Je fouille internet comme une folle. Je lis tout plein d’histoires autant positives que négatives… je ne sais pas quoi faire. Ma semaine de travail commence, mais je n’ai pas la tête à ça. En début d’après-midi, les crampes reprennent et encore un saignement. Je ne peux pas rester au bureau. Une amie et collègue vient me porter à l’urgence pour que je puisse en avoir le coeur net. Elle attends avec moi jusqu’à ce que mon conjoint vienne me rejoindre. J’ai de plus en plus mal. C’est la folie à l’urgence donc je ne passe pas avant 20h00 le soir !

On prend une prise de sang et on fait une échographie. Le verdict tombe je fais une 2e fausse-couche. Je suis vidée, je pleure ma vie. J’ai envie de serrer bien fort mon petit Logan mais il n’est pas là évidemment. J’ai hâte de rentrer à la maison et j’ai surtout hâte de tourner la page. On me donne le choix de prendre la formule de vivre ma fausse-couche à la maison avec une prescription ou l’avortement (la balayeuse comme on dit). Je suis à 10 semaines de grossesse. On m’encourage à le faire à la maison. J’opte pour ça ben trop peur de la balayeuse.

J’ai souffert une nuit entière à me vider de mon sang. J’ai eu la chienne ! Il m’avait d’ailleurs averti que je ne devais pas trop perdre de sang, bla bla bla sinon je devais me présenter rapidement à l’urgence… J’étais plus que nerveuse. J’ai su quand j’ai officiellement perdu le bébé, je l’ai vu (désolée pour le détail). Ouf ! Je ne souhaite à personne de le vivre.

J’ai été plusieurs mois à vivre des variantes d’humeur, à sentir un vide, à me sentir «nouille» d’être fâchée contre la vie de m’avoir fait vivre ça. Je me demandais si je devais abandonner le projet d’avoir un autre enfant. Juste de le dire c’était souffrant. Mon conjoint voulait définitivement qu’on prenne un temps d’arrêt pour que je reprenne des forces. J’étais si fragile. Je pleurais souvent. Logan s’est mis à être fréquemment malade. Il a fait une grosse pneumonie en avril 2009 avec hospitalisation de 3 jours. Cette fois-là, j’ai compris. Cesse de demander de la vie et apprécie plutôt ce que tu as. Savourer le moment présent. J’ai enfin pu dire que tout ce que je voulais c’était être heureuse avec mon amoureux et mon fils en santé. J’ai mis de côté mon désir de tomber enceinte. Fini les tests d’ovulation qui rendent folle, fini les tests de grossesse après 1 jour de retard ou même 4 jours avant la date de menstruation. J’ai demandé aux gens autour d’arrêter de me questionner à ce sujet. J’ai aussi quitté plusieurs groupes de futures mamans parce que je ne pouvais pas voir le bonheur des autres. Juste de lire une fille qui disait : «ah non je ne voulais pas un bébé d’hiver » ou encore « je suis encore enceinte d’un garçon j’aurais mieux aimé une fille»… j’en passe. Ça me frustrait ben raide ! Je devais me retenir pour pas leur écrire ma façon de penser. Au fond, je devais faire mon chemin.

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J’ai mis au monde le petit frère de Logan, Jacob, le 22 février 2010. Un beau bébé en santé. Ma grossesse n’a pas été des plus reposantes parce que j’avais toujours la peur au fond de moi. J’ai su apprécier chaque moment comme si c’était le dernier. Je suis si heureuse de le voir grandir et de le voir interagir avec son frère. Je suis enfant unique, de les voir ensemble ça me rend tellement reconnaissante envers la vie.

À toutes les familles qui ont un jour passé par là. Vous avez toute ma reconnaissance et mes sympathies. Il n’y a pas de mots pour vous témoigner ce que je ressens. Entourez-vous de gens qui ont surmonté la perte d’un enfant (peu importe le nombre de semaines). Protégez votre petite bulle.

Voici quelques ressources :

Aujourd’hui, je me trouve chanceuse que la vie m’est offert deux beaux garçons en santé et un amoureux compréhensif et un papa dévoué.

J’ai là-haut deux petites étoiles qui veillent sur notre famille. Je ne l’oublierai pas !

Photo by Daniela Rey on Unsplash

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